mortalité; sur les conditions de l'apprentissage dans les différentes industries
HISTOIRE GÉNÉRALE DE L'ASSURANCE EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 177
mortalité; sur les conditions de l'apprentissage dans les différentes
industries, écoles professionnelles et d'apprentissage, leur nombre par
profession; sur les accidents du travail, maladies et retraites, sécurité et
insalubrité des ateliers ou des travaux ; sur la durée moyenne de l'acti-
vité de l'ouvrier dans chaque profession, sa mortalité ; sur le travail dans
les prisons.
Enfin, il lui faut, pour obtenir le résultat cherché, centraliser tous
les renseignements et rapports des consulats, des légations, ambassades,
Chambres de commerce à l'étranger. Alors, il reste à former, à recueil-
lir la législation étrangère en matière de travail et porter ses recherches
sur mille autres matières ignorées, mais qui forment un ensemble puis-
sant du corps social.
Donc, pour nous résumer sur les attributions de l'Office du Travail, il
doit réunir les documents sociaux, puis les vulgariser en les fournis-
sant au public, aux représentants de l'Etat, aux membres du Parlement.
L'Amérique, puis l'Angleterre, l'Autriche, la Belgique, la Suisse pos-
sèdentdeces institutions qui fonctionnent sans se départir des attributions
imposées; elles ne font pas de polititique et restent de simples intermé-
diaires entre le bureau, la direction et le Ministère du Travail.
Comme toujours, ou plutôt comme généralement, la France a eu
l'idée première d'un Office du Travail, et, après avoir fait le tour du monde,
l'idée nous est revenue et c'est seulement en 1893 que nous nous
l'appliquons.
En 1848, il fut proposé par un groupe politique de la Chambre do
créer un Ministère du Travail, les rouages de ce ministère étaient évidem-
ment tout indiqués ; ils portaient principalement sur un service de rensei-
gnements, sur un service de statistique assez complet pour permettre aux
députés d'aborder l'étude des grands problèmes sociaux ; mais cette
idée émise en grand effraya les républicains de la veille et elle fut
abandonnée (1).
Les Américains, qui sont des gens pratiques, s'emparèrent de l'idée
et la mirent au point, en ce sens qu'ils créèrent quelque chose de moins
grand qu'un ministère, mais de plus important qu'une simple direction
subordonnée étroitement à un ministre. Le nom d'Office en était tout
indiqué et en peu de temps, le Canada, divers États do l'Amérique du
Nord, puis la Confédération de ces États, et enfin le gouvernement des
Ktats-TJnis institua, en 1885, le Grand bureau central de l'Office du
Travail.
(1) Tout récemment une proposition de ce genre a été déposée par M. Pas'chal
''tousset. Elle semble destinée à subir le même sort que celui échu àsonainôo de 1848



