Un de ses abonnés appelle son attention sur le fonctionnement decelio « institution
166 HISTOIRE GÉNÉRALE DE I.'ASSURANCE EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER
« Un de ses abonnés appelle son attention sur le fonctionnement decelio
« institution. Par une particularité qu'on ne s'explique guère, la Caisse
« ne fait pas subir d'examen médical aux candidats à l'assurance. Pour
« atténuer les risques énormes qu'elle courrait de ce fait, elle ne verse pas
te les sommes assurées aux ayants droit des assurés qui meurent dans
« le cours des deux premières années de la signature de la police. Elle
« restitue seulement, dans ce cas, les versements effectués. Cette clause
«¦ anormale éloigne la plupart des personnes disposées à s'assurer, ut
« c'est facile à comprendre. Quand on s'assure sur la vie, on veut pon-
te voir être tranquille sur le sort de sa famille, dès le lendemain de la
te signature du contrat. Par contre, si cette clause écarte les gens pré-
et voyants et d'une santé normale, elle attire, au contraire, les débiles et les
Qu'il ne doit donc pas s'attendre à recevoir dans une vie future la récompense
« ou le châtiment de sa conduite présente;
«. Que le bien et le mal n'existent pas substantiellement, absolument, incontestu-
« blement par eux-meimes, qu'ils n'existent que nominalement, relativement, ailii-
« Irai renient;
« Qu'il n'existe effectivement que des risques contre lesquels l'homme, obéissant
« à la loi do conservation qui est en lui et commandant, à la matière, cherche ii
« s'assurer par les moyens dont il dispose
« Du risquo de l'attaque est née la nécessité do la défense;
« De la nécessité do la défense est-née la pensée de s'associer ;
« De la pensée de s'associer sont nées, sous divers noms, la commune et la
a nation, l'une étant à l'autre ce que la javelle est à l'herbe;
et Les nations, afin de diminuer les risques d'atteinte portée à ce qu'elles appelaient
« et à ce qu'elles appellent encore leur indépendance, se sont longtemps appliquées
« à grossir le chiffre de leur population et à reculer la limite de leurs territoires
« jusqu'à ce qu'elles eussent pour frontières, autant que possible inviolables, les
« fleuves les plus larges ot les montagnes les plus hautes.
« Du risque d'être tué ou volé sont nées l'institution de la justifie et l'organisation
« d'une puissance publique dont l'exercice soit à l'abus do la force individuelle ce que
i. le contrepoids est au poids.
n Ainsi, chaque risque a donné lieu à nu moyen correspondant do l'affaiblir ou de
¦i l'écarter.
« La religion elle-même fut un moyen primitivement et universellement imaginé
te par le faible pour contenir le fort, par l'opprimé pour fléchir l'oppresseur, par le
« pauvre pour apitoyer le riche...
« Le calcul des probabilités, appliqué à la mortalité humaine, aux risques niari-
« times, aux cas d'incendie ou d'inondation, a donné naissance à une scienci'
« nouvelle qui n'est encore qu'à son berceau : celle des assurances. Le calcul elos
i. probabilités, appliqué à la vie des nations aux cas de guerre et'de révolution, est \e
« fondement de toute haute politique. Selon que ce calcul est rigoureux ou faux,
" approfondi ou dédaigné, la politique est glorieuse ou funeste, grande ou petit''-
« Gouverner, c'est prévoir...



