une mutuelle pour quinze franc !
Tout travailleur au-dessus de 30 ans et au-dessous
de 55 ans entrant dans le conseil de famille dans l'in-
tervalle de ces vingt années, aurait, inscrites à son
compte, toutes les sommes antérieures qu'il aurait pu
verser depuis l'âge de 30 ans jusqu'à l'époque où il
entrerait dans le conseil de familleavec mutuelle
La somme à inscrire par chaque année à partir de
30 ans serait de soixante-quinze francs.
Il continuerait alors, à-partir du jour de son entrée,
à faire les versements exigés, et rentrerait dans les
conditions ordinaires.
3° Tout travailleur au-dessus de 55 ans, ne pouvant
plus dès-lors faire partie du conseil de famille, rece-
vrait une rente annuelle de trois cents francs.
S'il arrivait que le nombre de ces travailleurs fût
trop nombreux et que l'association formée ne pût sub-
venir immédiatement à cette rente, il serait fait, en de-
hors des versements ordinaires, une collecte à laquelle
viendraient concourir le maître, le travailleur, et l'État
même, s'il était nécessaire, pour subvenir à cette pre-
mière dépense.
A l'égard de ces travailleurs, il sera pris sur leur
compte tous les renseignements nécessaires qui feront
connaître leur position de famille et de fortune, et la
rente de trois cents francs pourrait être diminuée en
raison de ces renseignements.
Ces appréciations seront soumises au bureau compé-
tent mutuelle, et seront l'objet d'un sévère examen.
Tel est le système d'amélioration que je viens propo-
ser aujourd'hui. Je le crois établi sur des bases larges
et embrassant une grande généralité. Il peut s'appli-
quer à tous les corps d'état existants de l'industrie mutuelles et de
l'agriculture, soit pour les hommes, et même pour les.
femmes, soit qu'ils travaillent à la journée, à la se-
maine, au mois, soit à leurs pièces, ce qui se fait dans
certaines professions.
A l'appui de la possibilité de la réalisation mutuelle, viennent
les résultats que je crois pouvoir tirer de mon système :
Garantie et assurance à tout travailleur :
De jouir, après une laborieuse carrière, d'une rente
honorablement acquise par son travail et sa capacité;
D'obtenir désormais pour lui et sa famille tous les
secours nécessaires;
D'être en temps de chômage à l'abri du besoin et
des privations ;
Garantie et assurance pour le maître :
De rencontrer toujours des travailleurs honnêtes et
laborieux ;
De voir dans ses ateliers l'émulation, l'intelligence
et la capacité, ramenant, le travail abandonné depuis
si longtemps;
Garantie et assurance mutuelle pour tout le monde :
De voir cesser l'affreuse misère existante actuelle-
ment;
De voir revenir l'ordre et la tranquillité;
De voir reprendre le commerce ébranlé;
De voir s'accroître la prospérité de la France, qui
seule peut concourir à l'affermissement de la Repu-
blique.



